...
et non pas au coiffeur ! Je me demande bien ce que font les coiffeurs/coiffeuses aux clients qui vont « au coiffeur »…
Bref, j’ai dû aller me faire couper les tiffes ce soir. Non seulement parce que les boucles au niveau de la nuque et des tempes commençaient à faire franchement dégueulasse, mais aussi parce que j’en avais envie.
Je me ramène donc avec une demi-heure d’avance à mon rendez-vous, espérant que je pourrais passer avant. « Ah, il va vous falloir patienter un peu Monsieur, ce n’est pas l’heure… » Ben merde on s’en cogne, non ?! Y a personne qui attend, elles sont trois coiffeuses pour deux personnes … je ne dis rien et poireaute patiemment. Je suis de bonne humeur aujourd’hui !
Vient enfin mon tour, au bout de pile une demi-heure (l’a fait exprès c’te conne ?!), je passe donc au shampooing à l’eau froide et m’installe sur le fauteuil en skaï tandis que la coiffeuse va chercher sa boîte à outil. C’est à ce moment là que je pense à un truc : la monnaie pour le pourboire ! J’ai pas un kopeck ! Meeeeeeeerde ! Le con, j’ai foutu mes derniers roubles en l’air en prenant du thé lyophilisé au boulot ! Je vais avoir l’air fin tiens
…
La coiffeuse commence à faire tomber mes cheveux, alors que je me demande comment je vais faire… je lui dis que je repasse demain ? Non, elle va croire que je reviens pour elle (sans façon…) Je peux toujours jouer la surprise : « Oh miiiiince ! J’ai plus de monnaie ! Je suis navré, Madame, vraiment je suis confus ! Je cours m’immoler par le feu pour laver la honte qui s’est emparée de tout mon être… » Non là ça fait pas crédible…
Elle a bientôt terminé, il ne reste plus qu’à… qu’à rien faire en fait, ça va sécher tout seul ! Mais les coiffeurs sont rarement de cet avis… bref, elle a terminé quand elle me dit : « Je vous laisse un instant, je vais voir si la couleur de mon autre cliente est terminée »
Elle me laisse donc avec ma blouse blanche et mes cheveux courts et va s’occuper d’une femme qui était en train de sécher sur place depuis 40 bonnes minutes. Là, je capte pas : elle se tire comme un pet alors qu’elle a fini… bon je sais que les couleurs ça peut pas attendre, et rincer un crâne ça dure pas des plombes.
C’est alors qu’une Marilyn en débardeur rose Barbie avec deux mômes tout droit sortis de l’Ecole des Fans se radine. Ma coiffeuse abandonne son crâne colorée pour lui demander ce qu’elle veut. « C’est pas pour une coupe, non, je repasserais demain. Mais tant que je suis là je vais vous monopoliser un quart d’heure histoire de faire chier vos clients qui se tournent les pouces ! Et puis, ca sera plus sympa demain : on pourra se répéter tout ce qu’on vient de dire » La Marilyn se défait son nœud dans les cheveux et les agite comme dans une pub pour l’Oréal en faisant : « Je suis plutôt blonde en ce moment non ?! » Ben t’es conne ou quoi ? T’es pas capable de voir toi-même la couleur de tes cheveux ?! Tu viens me faire paumer mon temps juste pour débiter des conneries pareilles ?! Mais casse-toi ! J’ai envie de me tirer d’ici et tu squattes ! «…ouiiiiiii des mèches juste, pour mettre en valeur votre couleur… » persévère la coiffeuse. Je jette un regard dans le miroir à Crâne Coloré qui se dessèche toujours un peu plus. Elle s’en branle de nous !!! Putain, elle va se le carrer derrière l’oreille son pourboire cette truie…
L’illumination.
Yeeeaaaaaaaaah !!! C’est ça l’idée !
Vas-y, ma grande, continue à jacter ! Ôte-moi tout scrupule de ne pas te filer la moindre piécette !
Quelques temps plus tard, elle revient vers moi alors que Crâne Coloré est plus qu’enracinée dans son siège.
ELLE : Bon ben on va sécher vos cheveux !
MOI : C’est déjà fait…
ELLE : Ah ben oui dites-donc ! Je vous mets un peu de gel ?
MOI : Maaaaiiiiis certainement ! Soyons fous !!!
ELLE : Et voilàààà…
MOI : Merci bien ! Je vais payer par carte, je n’ai pas de monnaie !
ELLE : Ah…
MOI : Vous savez ce que c’est : on prend un café à la machine, on prend un sandwich à midi, un paquet de clopes… ça va vite !
ELLE : Oui…
MOI : Allez, à bientôt !
ELLE : Au revoir…
En sortant, je vois la Marilyn en train d’engueuler ses chiards qui veulent aussi aller « au coiffeur » demain matin…
Je suis de nouveau de bonne humeur !